Thérapie génique de la myopathie de Duchenne : Généthon confirme l’efficacité à deux ans chez les patients traités avec son candidat-médicament GNT0004 à la dose thérapeutique lors la première phase de son essai clinique
Généthon, pionnier et leader de la thérapie génique pour les maladies rares, a dévoilé lors de la MDA Conference à Orlando des résultats confirmant l’efficacité à long terme de sa thérapie génique GNT0004 dans la myopathie de Duchenne chez les patients traités à la dose thérapeutique dans la première phase d’un essai clinique multicentrique international dont il est le promoteur.
L’essai clinique mené par Généthon inclut des garçons de 6 à 10 ans, atteints de myopathie de Duchenne et ayant conservé leur capacité de marche. Dans la phase d’escalade dose ayant précédé la phase pivot en cours, 5 patients avaient été traités par GNT0004, 4 en France et 1 au Royaume-Uni, dont 2 patients à la première dose et 3 au second palier de dose. Les données présentées, portant sur le suivi à long terme des 3 patients traités au second palier de dose, confirment le maintien à 2 ans de l’efficacité clinique sur différents paramètres, la persistance des effets pharmacodynamiques, ainsi que la sécurité du traitement en combinaison avec une immunosuppression prophylactique transitoire.
À la dose de 3×1013 vg/kg, déterminée comme thérapeutique, on observe chez les patients, 2 ans après injection :
- Un gain significatif sur les fonctions motrices mesurées par une échelle d’évaluation clinique comptant 34 points (NSAA) : +9 points à 2 ans (données de 3 patients) par rapport à une cohorte de patients non traités suivis en parallèle des patients traités dans les mêmes centres cliniques (appariement par score de propension). Un gain nettement supérieur à la différence minimale considérée comme cliniquement pertinente (>2.5 points).
- Un bénéfice clinique maintenu à 2 ans, avec une amélioration sur l’ensembledes tests chronométrés, indicateurs clés pour les patients ambulants, incluant notamment un différentiel, par rapport à des malades non traités, de 173 mètres pour le test de marche de 6 minutes et de + 0,95m/s en vitesse sur le test de marche sur 10 mètres.
- Une réduction significative et durable des taux de CPK (un biomarqueur de souffrance musculaire) en moyenne de 70 % à 2 ans (par rapport à l’état de base du patient avant le traitement) et pour le premier patient dont le suivi atteint 3 ans, toujours stabilisé, traduisant un effet durable sur la stabilité de la membrane cellulaire.
- Un ralentissement de la progression de la maladie objectivé par imagerie, avec une différence de plus de 18% de la fraction graisseuse dans les muscles (marqueur d’évolution de la maladie), observé par IRM quantitative, comparativement à une cohorte de patients non traités issus de l’histoire naturelle.
- Une absence d’effet secondaire grave confirmant la sécurité du produit.
Autorisée par l’Agence du Médicament Européenne (EMA), et celle du Royaume-Uni (MHRA), la phase pivot de l’essai a démarré à la dose efficace sélectionnée (3×10¹³ vg/kg), inférieure à celle utilisée pour les autres candidats-médicaments en essai clinique ou médicament de thérapie génique pour la myopathie de Duchenne.
Cette phase pivot randomisée, contrôlée contre placebo, en double aveugle et multicentrique a débutée en septembre dernier dans l’ensemble des sites ouverts et inclura, au total, 72 garçons âgés de 6 à 10 ans, atteints de myopathie de Duchenne et ayant conservé leur capacité de marche.
A propos de GNT0004 et de l’essai
Le produit de thérapie génique GNT0004 est composé d’un vecteur AAV8 (virus adeno-associé) et du transgène optimisé hMD1, une version raccourcie mais fonctionnelle du gène codant la dystrophine, la protéine déficiente chez les personnes atteintes de myopathie de Duchenne. Ce vecteur est conçu pour s’exprimer dans les tissus musculaires et également dans le cœur, grâce à une séquence promotrice Spc5-12 spécifique de ces tissus. GNT0004 est administré par une injection intraveineuse unique. Il a été mis au point par Généthon, en collaboration, pour les phases précliniques, avec les équipes du Pr Dickson (University of London, Royal Holloway), de l’Institut de Myologie (Paris) et de Caroline Le Guiner (INSERM/Université de Nantes/CHU de Nantes).