Généthon > Actualités > Alpha-sarcoglycanopathie : une avancée majeure
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Marc Bartoli, Jérome Poupiot, Isabelle Richard et Françoise Fougerousse |
Le vecteur que nous avons utilisé pour transporter le gène de l’alpha-sarcoglycane dans le muscle est un AAV1. Nous avons profité des connaissances acquises par Généthon au cours des expériences de preuve de concept chez l’animal (Calpaïnopathies, DMD) et d’optimisation des vecteurs AAV. L’administration du vecteur a cependant été étendu aux deux pattes arrières, ce qui permet de toucher l’ensemble des muscles postérieurs de l’animal.
Pour commencer, nous avons évalué l’efficacité du transfert 30 jours après injection : nous avons vérifié par des techniques d’immunohistologie que la protéine qui s’exprime à partir du transgène est effectivement présente dans le muscle. Une fois la présence de l’alpha-sarcoglycane confirmée, nous avons mesuré l’effet thérapeutique de la protéine transférée jusqu’à 5 mois après injection à l’aide de tests d’évaluation fonctionnelle.
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Coupes de muscles de souris (grossissement 20X) |
Sur le modèle murin de l’alpha-sarcoglycanopathie, il y a un déficit de la force de certains muscles dès l’âge de deux mois et demi, accompagné d’une diminution de la force globale de l’animal. Après injection intra-artérielle du vecteur porteur du produit de thérapie génique, nous avons mis en évidence la récupération de la force chez les animaux traités que ce soit sur les muscles isolés ou sur l’animal entier. Quelques semaines après l’administration, le muscle a récupéré la totalité des capacités mécaniques qui se traduit au niveau de la force globale de l’animal par une récupération équivalente à 60% d’une souris non atteinte. C’est la première fois, à notre connaissance, qu’il est rapporté qu’un produit de thérapie génique sur des dystrophies musculaires conduit à une récupération fonctionnelle permettant à l’animal de courir sur tapis roulant.
Nous n’avons pas noté de réaction immunitaire contre le vecteur mais parfois une très faible réaction contre le transgène. La réaction ne dépend pas seulement de la protéine qui est exprimée mais également de la façon dont elle s’exprime (quelle quantité et à quelles cellules), elle dépend donc du promoteur. En conséquence, l’utilisation d’un promoteur muscle-spécifique permet de limiter l’expression de la protéine majoritairement au tissu musculaire.
Pour limiter davantage la possible expression dans les cellules du système immunitaire, nous testons un second système de verrouillage de l’expression du transgène grâce à une technique découverte récemment qui est basée sur la dégradation des ARNm. Quand l’ARNm est produit dans les « mauvaises » cellules (ie autres que les cellules musculaires), cet ARNm, qui est marqué par des signaux spécifiques, est reconnu et dégradé, ce qui empêche l’expression de la protéine. Dans le muscle, les signaux marquant cet ARNm sont invisibles pour le système qui permet cette dégradation, et donc la protéine peut être synthétisée.
Nous aurons donc recours à la combinaison de deux systèmes : un système qui va accélérer l’expression qui est le système, promoteur muscle spécifique, et un système qui va freiner l’expression dans les cellules du système immunitaire qui est le système d’ARN interférence.
D’abord, nous nous sommes aperçus que le transfert n’est pas très efficace chez la souris âgée quand la pathologie a évolué. Il est important d’identifier les raisons pour lesquelles dans ces conditions, le transfert par le vecteur AAV est peu efficace.
Ensuite, dans la perspective d’un traitement sur l’homme par voie systémique, il faudra prévoir la production de grandes quantités de vecteur. Les méthodes permettant une production des lots cliniques sont en cours de développement à Généthon et nous nous préparons déjà pour les phases précliniques, puis cliniques du projet.