Dystrophie musculaire de Duchenne (exon)

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La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est la plus fréquente des maladies neuromusculaires de l’enfant. Elle touche à la naissance un garçon sur 3500 et résulte d’une mutation ou d’une délétion dans le gène de la dystrophine, situé sur le chromosome X. La non-expression ou l’expression d’une dystrophine très anormale génère une fragilité de la fibre musculaire, ayant pour conséquence une destruction accélérée du tissu musculaire. Cela se traduit par des déficits musculaires généraux, progressifs, irréversibles et graves. La perte de la marche intervient généralement entre 10 et 13 ans et l’assistance respiratoire devient nécessaire à partir de l’adolescence. L’atteinte du muscle cardiaque met en jeu le pronostic vital. La dystrophie musculaire de Duchenne frappe chaque année en France 150 à 200 nouveaux jeunes garçons.

La thérapie génique consiste à remplacer le gène défectueux ou manquant par un gène thérapeutique. Dans la dystrophie musculaire de Duchenne, il s’agit de remplacer le gène de la dystrophine  (ou gène DMD) altéré, par un gène de dystrophine sans anomalie.

Généthon a joué un rôle pionnier pour démontrer l’intérêt de la stratégie de saut d’exon dans le développement de thérapies innovantes pour la Myopathie de Duchenne (Goyenvalle, A., Vulin, A., Fougerousse, F., Leturcq, F., Kaplan, J.C., Garcia, L. and Danos, O.: « Rescue of dystrophic muscle through U7 snRNA-mediated Exon-Skipping ». Science 306 (2004) 1796-9). Cette stratégie consiste à agir sur une partie du code du gène DMD comportant une erreur, en sautant un ou plusieurs exons lors de l’épissage, afin de permettre aux cellules musculaires de synthétiser une forme réduite mais active de la protéine dystrophine.

Aujourd’hui, Généthon pilote, avec l’Institut de Myologie (Paris) et Atlantic Gene Therapies (Nantes), un programme de grande envergure pour le développement d’un produit visant à traiter les patients atteints de myopathie de Duchenne et éligibles au saut d’exon 53.

Généthon  a obtenu auprès de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA), la désignation « médicament orphelin » (Orphan drug) pour ce produit.

Le programme en cours combine des études précliniques chez des animaux porteurs de mutation dans le gène de la dystrophine avec une étude observationnelle d’histoire naturelle, chez des garçons atteints de DMD et susceptibles de répondre au saut de l’exon 53 du gène DMD. Cette étude a pour but de suivre l’évolution clinique et biologique de l’atteinte des muscles des membres supérieurs chez ces garçons. Cette étude est préalable à l’essai clinique qui évaluera chez les patients le produit de thérapie génique développé par Généthon.